Faculté de Médecine

  
Institut de Pharmacie  



Bref historique de la Section Pharmacie de l'Université de Liège

Pr Luc Angenot

C'est au début de la création de l'Etat Belge (en 1835) qu'une loi introduisit l'enseignement de la pharmacie pratique dans les Universités du Royaume. Il s'agissait d'un cours libre succeptible de préparer les étudiants aux examens de capacité des pharmaciens (examens organisés par les Commissions Médicales Provinciales). L'Ulg recruta pour la première fois un pharmacien et choisit Gilles Peters-Vaust, pharmacien en chef des hospices de Bavière, pour dispenser le cours et diriger un laboratoire de pharmacie qui fut installé au Bâtiment central.












 

En 1849, une loi sur la collation des grades académiques créa les grades de candidat en pharmacie (Faculté des Sciences) et de pharmaciens (Faculté de Médecine), imposant de la sorte le passage à l'Université pour exercer la pharmacie. La section se développa et les trois locaux qui étaient affectés à la Pharmacie au rez-de-chaussée du Bâtiment jouxtant la place du Conservatoire (l'actuelle place Cockerill) devinrent trop exigus. C'est alors qu'Alfred Gilkinet (qui avait pris la relève de Gilles Peters-Vaust) parvint à convaincre les autorités universitaires de la necessité de construire un Institut de Pharmacie dans le quartier du Bas Laveu (devenu le Jardin Botanique). Inauguré en 1883, le bâtiment neo-classique surmonté d'un fronton mentionnant «Institut Pharmaceutique» a coûté 343 000 francs.

 

Conçu initialement pour accueillir un maximum de 80 étudiants, L'Institut remplit facilement ses fonctions jusqu'à la fin de la première guerre mondiale. Par la suite, tel un serpent qui n'en fini pas de muer, L'Institut s'est trouvé de manière chronique à l'étroit dans ses murs. Le bâtiment fut élargi, flanqué d'ailes, rehaussé afin d'accueillir un nombre croissant d'étudiants d'une part, et permettre le développement d'activités de recherche d'autre part.

 

Plusieurs laboratoires furent transférés sur d'autres sites (Bavière, Boulevard de la Constitution, Sart-Tilman), sans oublier la phagocytose de l'ancien Institut de Botanique, désafecté en 1969. Malgré ces modifications, les façades (rues Courtois et Fusch) et les toitures de l'Institut, relativement épargnées au cours du temps, ont été classées en juillet 1994 par la Division des Monuments du Ministère de l'Aménagement du Patrimoine de la Région Wallonne.

 

Mais si le développement des sciences pharmaceutiques entraîna le départ de plusieurs laboratoires de l'Institut Gilkinet, la spécificité des études pharmaceutiques et le caractère rigoureux qu'Alfred Gilkinet avait défendus durant les quarante années de sa vie professorale ont été maintenus par ses successeurs.

 

En effet, les Professeurs de l'Ecole Liégeoise de Pharmacie - lato sensu - surent de tout temps éveiller, chez leurs collaborateurs et leurs élèves, cet esprit d'analyse qui marque de son empreinte les activités de nos laboratoires. Une telle formation peut conduire le futur pharmacien à appliquer à toutes ces activités la logique et l'esprit critique indispensables pour assumer pleinement les responsabilités que lui imposent sa profession et les lois en vigueur.

 

Durant l'année académique 1997-1998, le déménagement dans de nouveaux locaux conçus selon les normes appliquées dans les industries et laboratoires pharmaceutiques (normes GLP et GMP) a permis de maintenir la réputation de l'Ecole de Pharmacie de Liège, ainsi que les contacts privilégiés avec l'Inspection de la Pharmacie et les industries pharmaceutiques.

 

Mais nous souhaitons également profiter de notre intégration géographique au sein de la Faculté de Médecine (C.H.U., Tours 3 et 4) pour accroître l'adéquation entre l'enseignement des matières médicales et la pratique officinale, afin que les pharmaciens d'officine reçoivent non seulement durant leurs études, mais aussi durant l'enseignement post-universitaire, une formation adaptée en pharmacie clinique, physiopathologie et terminologie médicale notamment. De la sorte, les pharmaciens officinaux pourront s'intégrer complètement à l'organisation des soins de santé et concourir à la réalisation des objectifs thérapeutiques dans un souci d'optimisation et de gestion de la santé.

 

Resp. Pr Gustave Moonen et   Anne Michel (conception)
Université de Liège | Faculté de Médecine
Conception :
Pierre Michel